29
jun
2005
Maîtrise des techniques de production en masse de cellules souches et de clonage humain à des fins thérapeutiques
Les médias de monde entier et la communauté scientifique
internationale ont salué la nouvelle première réalisée par l'équipe
de scientifiques coréens dirigée par le Pr. Hwang Woo-suk, de
l'Université Nationale de Séoul, dont les résultats ont été publiés
dans la revue Science le 19 mai dernier.
1/ Cette annonce intervient 15 mois à peine après celle de son
premier succès mondial dans la création d'embryons humains par
clonage d'une part, en utilisant la technique de transfert de noyau
qui avait permis la naissance de la brebis Dolly en 1997, et dans
l'obtention de lignées de cellules souches capables de se
différentier d'autre part. L'équipe coréenne à ainsi produit 11
lignées de cellules souches embryonnaires humaines,
immunologiquement compatibles avec les patients auxquels elles sont
destinées.
L'objectif de ces travaux est de développer des lignées de cellules
spécialisées, capables de soigner des maladies dégénératives
affectant le système nerveux central, des pathologies sanguines et
cardiaques, le diabète, l'ostéoporose, ou certaines maladies
auto-immunes. Les résultats obtenus sont le fruit d'une
collaboration étroite entre des chercheurs coréens en médecine,
médecine vétérinaire et immunologie. Seul co-auteur étranger de
l'article, le professeur américain Gérald Schatten de l'université
de Pittsburg évoque "l'une des plus grandes découvertes de ces
dernières décades", et souligne "l'immense reconnaissance que la
communauté biomédicale mondiale doit à ses collègues coréens". L'un
des aspects les plus spectaculaires de cette recherche est
l'apparente facilité avec laquelle cette équipe, déjà très connue
de la communauté scientifique internationale est parvenue à ces
résultats.
2/ Une maîtrise affirmée des technologies biomédicales de pointe De
l'avis des scientifiques du monde entier, les chercheurs coréens
ont franchi une étape semée de difficultés techniques qu'ils ont su
éviter, même si le nombre de cellules souches obtenues est
notablement inférieur aux résultats des équipes ayant travaillé à
partir d'embryons humains conçus non par clonage mais par
fécondation in vitro. Les chercheurs coréens ont créé leurs lignées
cellulaires souches, en transférant dans l'ovule énucléé d'une
donatrice, le matériel génétique de cellules cutanées provenant de
11 malades présentant un traumatisme médullaire, un diabète de type
1 ou un déficit immunitaire congénital. Au total, 31 embryons ont
pu se développer jusqu'au stade blastocyste (soit plus d'une
centaine de cellules). A partir de là, 11 lignées cellulaires ont
été produites, chacune dotée du patrimoine génétique de l'un des 11
donneurs. Dans les cultures de laboratoire, ces lignées de cellules
totipotentes ont toutes présenté des chromosomes normaux et des
signes de compatibilité immunologique avec les cellules des
malades.
Selon le Pr. Hwang, l'une des prochaines étapes consistera à
évaluer, d'une part la tolérance du système immunitaire du groupe
de malades donneurs vis-à-vis des cellules souches produites, et
d'autre part, l'efficacité thérapeutique de ces dernières ainsi que
leur innocuité.
3/ Un héros national respectueux de l'éthique Bénéficiant de la
première autorisation de recherche sur les cellules souches
embryonnaires accordée par les autorités coréennes le 12 janvier
2005, le Pr. Hwang a mis en place un protocole expérimental
rigoureux, respectant la nouvelle réglementation.
En effet, le questionnement éthique demeure d'actualité en Corée,
où le clonage humain à des fins reproductives demeure interdit. En
autorisant le clonage à des fins thérapeutiques, à l'instar du
Royaume-Uni, la nouvelle législation coréenne sur la bioéthique,
édictée il est vrai dans le but d'entériner les avancées
scientifiques locales, conforte tout en les encadrant, les avancées
des chercheurs coréens dans le domaine des cellules souches
embryonnaires.
4/ Des moyens financiers et un soutien renforcés Le Pr. Hwang
bénéficie déjà d'une aide publique et privée conséquente puisqu'il
a reçu du Ministère Coréen de la Science et de la Technologie
(MOST), 20 millions d'Euros pour financer ses recherches en 2005
(soit quatre fois plus qu'en 2004) auxquels il convient d'ajouter
les 850 millions d'euros collectés par une association bénévole en
2004.
Au cours d'une réunion interministérielle récente, organisée afin
de coordonner les soutiens à la recherche du Pr. Hwang, il a été
décidé d'augmenter les moyens affectés aux études sur la
différentiation cellulaire (plus 800.000 euros en 2005). Enfin,
près de 19 millions d'euros seront consacrés à l'installation et à
l'équipement de laboratoires de recherche au sein du futur
"National Center for Stem Cell Research". Sur le plan financier,
l'équipe du Pr. Hwang fonctionnera indépendamment de l'Université
Nationale de Séoul. Elle sera épaulée par deux services de gestion,
de la coopération internationale et de la propriété
intellectuelle.
Par ailleurs, le Pr. Hwang bénéficie d'une protection individuelle
renforcée et ses déplacements à l'étranger sont limités. Dans une
phase ultérieure, le ministère de la santé et des affaires sociales
envisage d'apporter un soutien institutionnel aux essais cliniques
de thérapie cellulaire.
Contacts : Woo Suk Hwang, Sung Il Roh, Byeong Chun Lee, Sung Keun
Kang, Dae Kee Kwon, Sue Kim, Sun Jong Kim, Sun Woo Park, Hee Sun
Kwon, Chang Kyu Lee, Jung Bok Lee, Jin Mee Kim, Curie Ahn, Sun Ha
Paek, Sang Sik Chang, Jung Jin Koo, Hyun Soo Yoon, Jung Hye Hwang,
Youn Young Hwang, Ye Soo Park, Sun Kyung Oh, Hee Sun Kim, Jong Hyuk
Park, Shin Yong Moon, Gerald Schatten ;
Science, 19/05/2005 "Patient-Specific Embryonnic Stem Cells Derived
from Human SCNT Blastocysts" ; Publie en ligne le 19/05/2005 ;
10.1126/Science.1112286
Rédacteur : Jean-Luc Maslin, Marianne Noel :
marianne.noel(a)diplomatie.gouv.fr
Sources :
Ambassade de France en Corée- Adit