31
aou
2005
Des nanoparticules multi-fonctionnelles
Les quantum dots ont des propriétés optiques intéressantes pouvant
être utilisées dans de nombreuses applications, comme l'étude de
l'expression génique, diagnostic médical, etc.
Une équipe de chercheurs de NUS dirigée par le Professeur Zhang
Yong, de la Division de bio-ingénierie, travaille sur le
développement d'un polymère de nanoparticules contenant des quantum
dots qui peuvent exercer des fonctions différentes simultanément.
Ces nanoparticules auront des fonctions de diagnostic avancées, et
pourront également délivrer des solutions médicamenteuses ou des
gènes vers des cellules et tissus ciblés.
Les quantum dot sont photo-chimiquement stables, et ont une
fluorescence plus intense et plus longue que les teintures
organiques. Le problème reste de modifier leur surface ou les
encapsuler dans des biopolymères afin de les rendre solubles dans
l'eau, biocompatibles chimiquement stables avant de pouvoir les
utiliser dans des applications biologiques.
Le Dr Zhang et son équipe sont en train d'élaborer des polymères de
nanoparticules contenant ces quantum dots. De plus, les quantum
dots peuvent être toxiques et dangereux si on ne modifie pas leur
surface. L'équipe de NUS a donc inventé une nouvelle méthode
d'encapsulation des quantum dots, qui offre une extrême stabilité
et bonne biocompatibilité. Ils ont également combiné des quantum
dots de couleurs différentes dans une même nanoparticule,
permettant ainsi d'identifier différentes protéines ou molécules en
une seule observation.
L'utilisation des ces quantum dots pour la détection des
biomolécules et cellules est limitée par le fait que les ondes
lumineuses (infra-rouge ou visible) émises ne peuvent traverser des
couches épaisses de tissu. Leur utilisation est donc limitée aux
zones situées près de la surface du corps, c'est-à-dire sous la
peau ou dans les petits animaux.
L'IRM (Imagerie à Résonance Magnétique) est une bonne méthode pour
l'étude des humains et gros animaux. On peut envisager d'insérer
dans les nanoparticules des agents magnétiques comme le gadolinium
ou oxyde de fer afin de pratiquer des IRM. Le traitement du cancer
peut également bénéficier de ces avancées technologiques, et le
Docteur et son équipe envisagent la possibilité de chauffer les
nanoparticules et les cellules cancéreuses en appliquant un champ
magnétique externe afin d'induire la destruction de celles-ci. Le
problème principal est la reconnaissance des nanoparticules par les
cellules cancéreuses, afin que les cellules saines en soient pas
détruites lors de l'exposition au champ magnétique.
L'équipe a maintenant synthétisé des nanoparticules aux fonctions
multiples. La substance responsable de cet exploit est "Chitosan",
composé dérivé de coquille de crabe. Cette substance offre une
délivrance de drogues excellente, a des propriétés intéressantes
pour l'ingénierie tissulaire, et est bio-compatible. Chitosan
permet la réalisation de ces nanoparticules sans trop de
difficultés. Les nanoparticules obtenues ont une taille
suffisamment réduite pour permettre aux chercheurs de mener des
études intra-cellulaires, et la résolution offerte à l'imagerie est
haute.
Ces nanoparticules présentent une stabilité chimique de plus de 150
heures en solution tampon, détail important connaissant les délais
nécessaires à la nanoparticule pour que, une fois injectée dans le
corps, elle rejoigne sa cible. Autrement cela pourrait induire des
problèmes dans le système immunitaire.
Grâce à ces nanoparticules, l'équipe travaille maintenant avec le
département de chirurgie à l'étude du comportament des myoblastes
dans le coeur. Les myoblastes réparent les cellules et tissus du
coeur, aussi la compréhension de leur mécanisme de fonctionnement
est primordiale si l'on veut mettre au point de nouveaux moyens
pour lutter contre les problèmes cardiaques.
Cette avancée technologique offre donc de nombreuses perspectives
dans le domaine biomédical, aussi bien en ce qui concerne
l'imagerie et le diagnostic que le traitement des maladies.
Contacts :
-
NUS, Department of bioengineering - Dr ZHANG
Yong - biezy(a)nus.edu.sg
Rédactrice : Sophie Costes
Sources :
Ambassade de France à Singapour- Adit